L’échoppe constitue une grande partie du paysage urbain de Bordeaux et de quelques communes riveraines ; elle fait partie du patrimoine bâti légué par les deux siècles précédents, réponse à la fois technique et sociologique à l’afflux de population rurale engendré par la révolution industrielle.
Bordeaux connait à nouveau un développement démographique important qui ne peut totalement être satisfait par la construction neuve ; d’où, à côté des aménagements de combles, une multiplication des surélévations d’échoppes. Ce phénomène a justifié l’adaptation des règles d’urbanisme et l’approfondissement de la réflexion des maitres d’œuvre pour tenter d’harmoniser les désirs des maitres d’ouvrage et le respect du paysage urbain.
Pour l’architecte, le projet de surélévation d’une échoppe est un exercice plus délicat qu’il n’y parait. Il doit respecter une règlementation en fréquente réécriture tout en tenant compte de l’environnement immédiat que les textes ne peuvent évidemment pas prévoir, contraintes qu’il doit faire accepter à un propriétaire lui-même souvent tenu par des considérations budgétaires . Il doit également tenir compte de la façade existante, le plus généralement en pierres appareillées et présentant souvent un riche décor.
Dans certains cas, la surélévation est l’occasion d’une redistribution du rez-de-chaussée, voire d’une extension de ce dernier côté jardin, même si là aussi les textes sont très contraignants (à tel point que leurs exigences justifient souvent à elles seules l’extension de la maison par le haut plutôt qu’horizontale).
Nous voyons trois exemples à Caudéran (33 rue du Sacré-Cœur, 48 et 17 rue Victor Hugo), répartis le long d’un circuit pédestre d’un kilomètre environ.
Après un premier exemple juste achevé sur un rez-de-chaussée d’échoppe double nous verrons le début d’un chantier concernant une échoppe simple pour finir par la réalisation du domicile personnel de notre cicérone datant d’il y a quelques années déjà.
renaissance des cités d’europe